3 mars 2026 : Journée mondiale de l’audition

3 mars 2026 : Journée mondiale de l’audition

27 février 2026
Divers Gens
7 minutes

Mieux comprendre la surdité pour mieux inclure

Le 3 mars marque la Journée mondiale de l’audition, une occasion idéale pour aborder des sujets essentiels comme le dépistage ou la prévention, mais aussi pour prendre conscience des difficultés invisibles liées aux troubles auditifs.  En France, les chiffres de la DREES sont parlants : environ 6 millions de personnes vivent avec une perte d’audition.  Malgré cela, les préjugés persistent.  La Journée mondiale de l’audition, et plus largement le mois de mars dédié à ce thème, nous invite à mieux saisir ce que vivent au quotidien les personnes sourdes ou malentendantes. 

Les différents niveaux de surdité

La perte auditive ne se résume pas à “entendre” ou “ne pas entendre”. Elle se mesure en décibels (dB) et se classe en plusieurs niveaux :  Surdité légère : perte de 20 à 39 dB  Surdité moyenne : perte de 40 à 69 dB  Surdité sévère : perte de 70 à 89 dB  Surdité profonde : perte supérieure à 90 dB 

Lorsque la perte en décibels augmente, les sons deviennent plus difficiles à localiser, à différencier ou à comprendre, en particulier la parole, qui peut alors demander des solutions techniques ou des ajustements pour rester accessible. 

Doit-on dire « sourd » ou « malentendant » ?

Il existe une différence importante entre ces deux termes.

  • Une personne malentendante présente une surdité légère à moyenne (cf tableau ci-dessus). Elle perçoit encore une partie des sons et de la parole, parfois avec une aide auditive.
  • Une personne sourde présente une surdité sévère ou profonde.  Une personne sourde (sévère, et même profonde) peut également capter certains sons. Certaines personnes sourde peuvent même téléphoner avec un appareil auditif.

Il n’est donc pas incorrect de dire « personne sourde ». Le terme décrit une réalité audiologique précise. L’important est d’utiliser les mots avec respect et justesse. 

Comment communiquer avec une personne sourde ?

Quelques bonnes pratiques

Avant toute chose, il faut s’assurer d’établir un contact visuel avec la personne.

Comment ?

  • un coucou de la main ;
  • une tape (douce) sur l’épaule ;
  • émettre des vibrations sur la table ou sur le sol (si le sol est en bois, sinon c’est plus difficile…) ;
  • allumer et éteindre la lumière (dans la communauté sourde, cette technique est utilisée pour avoir l’attention du plus grand nombre pour “porter un toast”, par exemple).

Et après, que fait-on ?

Positionnement : assurez-vous d’être face à la personne sourde afin qu’elle puisse voir votre visage, vos expressions faciales et vos mouvements de la bouche.

Éclairage : une bonne luminosité facilite la lecture des expressions faciales et des mouvements des lèvres (un peu comme quand vous lisez un livre).

Utiliser des expressions faciales et des gestes (mime) pour appuyer votre propos et faciliter la compréhension.

Utiliser des messages écrits : assurez-vous d’utiliser un langage clair et concis.

Parler clairement : parlez distinctement en articulant bien (mais sans exagérer, cela serait contreproductif). Évitez de parler trop vite, utilisez des phrases courtes et faites des pauses entre les phrases.

En revanche, rien ne sert de parler plus fort :clin_d'œil:

Idée reçue n°1 : « Avec un appareil auditif, une personne sourde entend »

C’est faux.

Un appareil auditif amplifie les sons, mais il ne « répare » pas l’audition.

Dans certains cas, il permet de capter des sons sans pour autant permettre de distinguer clairement les mots.

Entendre un bruit et comprendre une parole sont deux réalités très différentes : la première relève surtout du niveau sonore, alors que la seconde dépend aussi de la qualité du signal, du contexte et de l’effort demandé à la personne.

La compréhension varie selon plusieurs éléments : degré de perte auditive, type d’appareillage, environnement sonore (calme ou bruyant), niveau de concentration, fatigue, etc. 

Idée reçue n°2 : « Lire sur les lèvres, c’est comme entendre »

La lecture labiale est une compétence remarquable, mais elle ne remplace pas l’audition.

Elle permet de capter environ 30 à 35 % de l’information seulement.

Pourquoi si peu ?

  • Tous les sons ne sont pas visibles sur les lèvres.
  • De nombreux phonèmes ont la même forme labiale (les lettres P, B, M, par exemple).
  • Le contexte est indispensable pour deviner le reste.
  • La fatigue cognitive est importante.

Lire sur les lèvres demande une concentration intense. Ce n’est pas « entendre autrement », c’est compenser avec des indices visuels.

Vous voulez tester la lecture labiale ? 

Faites le test avec vos collègues : 

“Pantalon” vs. “Menthe à l’eau” 

“Il mange des frites” vs. “Il marche très vite”

Pourquoi parler de la Journée mondiale de l'audition ?

Parce que la perte d’audition est souvent invisible (elle rentre d’ailleurs dans la catégorie des handicaps invisibles).

Parce que les personnes sourdes ou malentendantes doivent constamment s’adapter à un monde pensé pour les entendants. Par exemple, lorsqu’une personne entendante échange avec une personne sourde, c’est la personne sourde qui effectue tout le travail d’adaptation : 

  • en faisant l’effort de lire sur les lèvres quand cela est possible ;
  • en oralisant (“parler” pour les personnes sourde) lorsqu’elle a appris à le faire.

Parce que la sensibilisation favorise l’inclusion.

À l’occasion de la Journée mondiale de l’audition, prenons le temps :

  • de faire tester notre audition,

  • d’adopter des comportements protecteurs (réduction du volume, protection contre le bruit),

  • et surtout, de mieux comprendre les réalités vécues par des millions de personnes.

Pour cela Divers Gens vous propose : 

Mieux informer, c’est déjà mieux inclure.

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La langue des signes n’est pas une langue universelle : le vocabulaire diffère d’un pays à l’autre. Cependant, les échanges entre signants (personnes qui s’expriment en langue des signes) de pays différents sont facilités. Il existe une LSI (langue des signes internationale), celle-ci est très peu utilisée.

Oui, il y a une différence d’audition entre personne sourde et personne malentendante. Il y a même des degrés de surdité différents chez les personnes sourdes elles-mêmes.
Les différents niveaux de surdité :

  • La surdité légèremalentendance ») (de 20 à 39 décibels de perte auditive)
  • La surdité moyenne (de 40 à 69 décibels de perte auditive)
  • La surdité sévère (de 70 à 89 décibels de perte auditive)
  • La surdité profonde (plus de 90 décibels de perte auditive)

La LSF est bien une langue à part entière et non un langage. Des personnes sourdes se sont battues pour avoir cette dénomination (elle est par ailleurs reconnue comme une langue officielle depuis 2005 seulement), alors nous parlerons bien de Langue des Signes Française désormais.

Il est courant d’entendre « sourd-muet » pour qualifier une personne sourde. C’est une erreur de langage. Tous les sourds ne sont pas muets, pas plus que les entendants.

En effet, la lecture labiale est pratiquée de manière plus aisée chez les personnes sourdes à force d’un long travail chez des orthophonistes ou enseignants spécialisés.
Pour autant, tous les sourds ne lisent pas sur les lèvres.