
28 mars — Journée mondiale de l'endométriose
Endométriose : ce que chaque employeur devrait savoir
Article de sensibilisation à destination des professionnels RH et managers
1 femme sur 10. C’est le nombre de personnes touchées par l’endométriose en France. Pourtant, cette maladie chronique reste encore largement méconnue — y compris dans les entreprises. À l’occasion de la Journée mondiale de l’endométriose du 28 mars, il est temps d’en parler. |
Le 28 mars, la Journée mondiale de l’endométriose est une occasion de briser le silence. Mais l’inclusion ne s’arrête pas à une journée. En tant que professionnels RH et managers, vous avez le pouvoir de faire en sorte que chacun, dans votre organisation, puisse travailler dans des conditions qui respectent sa réalité.
Interview de notre conférencière, Bertille Flory, patiente-experte et fondatrice d’Endholistic
Qu'est-ce que l'endométriose ?
L’endométriose est une maladie gynécologique chronique et inflammatoire. Elle se caractérise par la présence de tissu semblable à la muqueuse utérine (l’endomètre) en dehors de l’utérus (cela peut être sur les ovaires, les trompes, le péritoine, parfois les intestins ou la vessie). Chaque mois, lors du cycle menstruel, ce tissu réagit comme s’il était dans l’utérus : il saigne, provoque des inflammations et forme des adhérences ou des kystes.
Le résultat : des douleurs souvent intenses, chroniques, invalidantes, qui ne se limitent pas aux règles. Elles peuvent survenir à tout moment du cycle, affecter les rapports sexuels, les déplacements, la digestion, la procréation… et bien sûr, le travail.
Ce qui rend cette maladie encore plus difficile à vivre, c’est son invisibilité. De l’extérieur, rien ne se voit. Et pourtant, certaines personnes atteintes vivent chaque jour avec un niveau de douleur comparable à celui d’une appendicite. Longtemps mal diagnostiquée (on parle d’errance médicale), il faut aujourd’hui, en moyenne 7 ans entre les premiers symptômes et le diagnostic de la maladie.
L'endométriose en chiffres
Quelques données pour mesurer l’ampleur du sujet :
- 1/10 femmes en âge de procréer sont touchées par l’endométriose en France, soit environ 2 millions de personnes.
- 7 ans c’est le délai moyen entre les premiers symptômes et le diagnostic — un retard qui s’explique par la banalisation de la douleur menstruelle.
symptômes
posé
- 30 à 40% des femmes touchées par l’endométriose souffrent d’infertilité partielle ou totale.
- 80% des femmes atteintes déclarent que la maladie impacte significativement leur vie professionnelle (absentéisme, présentéisme, perte de productivité).
- 10 Mds € c’est le coût annuel estimé de l’endométriose pour l’économie française, entre arrêts de travail, soins et perte de productivité.
pour l’économie française
Une maladie chronique, invalidante… et souvent invisible
L’endométriose appartient à la grande famille des maladies chroniques invalidantes. Comme la migraine chronique, le lupus, la fibromyalgie ou la SEP (sclérose en plaques) et bien d’autres, elle se vit au quotidien, sans rémission complète, et sans que rien ne soit visible de l’extérieur. C’est ce qu’on appelle le handicap invisible.
Ce concept est fondamental à comprendre pour les employeurs. Une personne atteinte d’endométriose peut arriver au bureau souriante le matin, productive, souffrir en silence à midi, et être dans l’incapacité totale de se concentrer l’après-midi. Elle peut aussi, certains jours, être dans l’incapacité de se lever, ou de rester assise plusieurs heures.
Ce caractère imprévisible et invisible génère souvent de l’incompréhension, voire de la suspicion, de la part de l’entourage professionnel. Les personnes concernées tendent alors à faire taire leur condition par crainte du jugement, de la mise à l’écart ou de l’impact sur leur carrière. Ce silence peut être un facteur qui aggrave leur souffrance et peut nuire à la performance aussi bien personnelle que collective.
Il est important de noter que l’endométriose peut ouvrir droit à la Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé (RQTH), permettant à la personne de bénéficier d’aménagements de poste, d’un suivi renforcé par la médecine du travail, et à l’employeur d’activer des dispositifs spécifiques.
Pourquoi cela concerne tout le monde — y compris les collègues, les RH et les managers
Un enjeu de performance collective
L’endométriose n’est uniquement pas un sujet « féminin » ou « médical » qui resterait à la porte de l’entreprise. Ses conséquences professionnelles sont directes et mesurables :
- Absentéisme répété et difficile à anticiper
- Présentéisme (présence physique mais baisse de productivité due à la douleur)
- Turnover lié à un sentiment de non-reconnaissance ou d’isolement
- Risques psychosociaux : épuisement, dépression, perte de confiance en soi
À l’inverse, une entreprise qui reconnaît et accompagne cette réalité gagne sur tous les tableaux : fidélisation des talents, amélioration du bien-être au travail, renforcement de la marque employeur et de la culture inclusive. Prendre en compte la maladie, telle qu’elle est soit, n’est jamais “créer un traitement de faveur” mais plutôt “poser un cadre pour donner à chacun la possibilité de s’épanouir professionnellement”.
Un sujet de société
Si l’endométriose touche les personnes ayant un utérus, elle impacte aussi, indirectement, leurs proches, leurs collègues, leurs managers. Lorsqu’une salariée vit avec une maladie chronique (et c’est le cas de tous les handicaps) non prise en compte, c’est toute l’équipe qui en ressent les effets.
De plus, la prise en compte de l’endométriose en entreprise s’inscrit dans une dynamique plus large d’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. Les douleurs menstruelles sont culturellement banalisées, les maladies gynécologiques sous-diagnostiquées. Lever ce tabou, c’est aussi s’engager pour l’équité de genre.
Ce que les managers peuvent faire concrètement
- Créer un environnement de confiance où la parole peut se libérer sans crainte
- Ne pas exiger de justification médicale détaillée pour des aménagements ponctuels
- Proposer de la flexibilité : télétravail, aménagement des horaires, pauses supplémentaires
- Orienter vers la médecine du travail pour un accompagnement adapté
- Connaître les droits liés à la RQTH pour informer si nécessaire
- Ne pas confondre performance et présence physique
Passez à l'action : sensibilisez vos équipes
La sensibilisation est le premier levier d’une culture d’entreprise inclusive. Parler de l’endométriose en entreprise, c’est permettre aux personnes concernées de ne plus être seules face à leur maladie, et à l’ensemble des équipes de mieux comprendre et soutenir leurs collègues.
C’est précisément l’objectif de la conférence proposée par Divers Gens : une intervention d’1h à 1h30, sur site ou à distance, animée par notre experte en santé féminine et inclusion en entreprise.
Au programme : comprendre l’endométriose et ses impacts au travail • Le handicap invisible et la RQTH • Stratégies d’aménagement et bonnes pratiques managériales • Levée des tabous et création d’un climat de confiance • Temps d’échange interactif adapté à votre organisation |
Cette conférence s’adresse aux équipes RH, aux managers, aux directions, mais aussi à l’ensemble des collaborateurs qui souhaitent mieux comprendre les réalités des maladies chroniques invisibles au travail.
→ En savoir plus et réserver votre conférence sur l’endométriose, les maladies chroniques et le handicap invisible
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